El Niño et changement climatique: ce que cela signifie vraiment pour le voyage en 2026

15 July 2026

2026 n’a pas épargné le secteur du voyage. Alertes canicule record en Europe. Vagues de chaleur en Asie du Sud-Est. Blanchiment des coraux au large de la Thaïlande. Mousson plus faible en Inde. Derrière la plupart de ces titres, on retrouve les mêmes deux mots : El Niño.

Pour les professionnels du voyage, ce n’est pas seulement une question de météo. C’est une question de business. Voici ce qui se passe, ce que cela signifie pour vos clients et vos ventes, et ce que vous pouvez commencer à faire dès aujourd’hui pour rendre votre entreprise plus résiliente.

Changement climatique et El Niño : quelle différence ?

Le changement climatique est un décalage à long terme des températures mondiales et des régimes météorologiques, principalement dû aux émissions de gaz à effet de serre. C’est la hausse lente et régulière derrière les étés plus chauds, les précipitations changeantes et les phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents.

El Niño est différent. C’est un cycle naturel. Tous les deux à sept ans1, les eaux de surface de l’océan Pacifique, près de l’Amérique du Sud, se réchauffent, et ce réchauffement a des répercussions sur la météo dans le monde entier. Certaines régions subissent des sécheresses, d’autres des pluies plus intenses ou des tempêtes plus violentes. El Niño prend naissance dans le Pacifique, mais ses effets se font sentir à l’échelle mondiale. Et avec le changement climatique, ces effets s’additionnent.

C’est exactement ce qui se passe en 2026. Les scientifiques parlent d’un Super El Niño, l’un des plus puissants jamais enregistrés, qui s’ajoute à une planète déjà plus chaude qu’auparavant. Résultat : une saison de perturbations pour le voyage qui touche presque toutes les régions et tous les acteurs du secteur.

Ce que cela signifie pour vos clients

Pour les voyageurs, El Niño se manifeste de manière très concrète :

En Thaïlande, la hausse des températures marines a provoqué un blanchiment des coraux à Phuket et Krabi, affectant les expériences de plongée et de snorkeling qui attirent tant de touristes.

En Asie du Sud et du Sud-Est, des moussons plus faibles signifient des paysages plus secs, un ciel plus brumeux et des conditions extérieures moins prévisibles.

En Europe, les dômes de chaleur poussent les voyageurs vers des activités en intérieur, des visites en soirée ou des destinations plus fraîches, plus au nord.

Les vols ne sont pas épargnés : la chaleur extrême peut affecter les performances des avions, les forçant parfois à transporter moins de carburant ou de fret, ou à éviter les décollages pendant les heures les plus chaudes. Les changements de jet-streams ajoutent une autre couche de complexité : ils peuvent pousser les tempêtes sur de nouvelles trajectoires de vol, augmenter les turbulences et créer des cisaillements de vent plus forts. Cela crée plus de retards, d’annulations et de coûts de carburant.

Conséquence : les voyageurs recherchent davantage de flexibilité, par nécessité. Les réservations remboursables, les changements de dates et le choix de destinations plus fraîches deviennent rapidement la norme plutôt que l’exception.

Ce que cela signifie pour votre entreprise

Pour les professionnels du voyage, ces perturbations se traduisent directement en chiffres :

Pour les tours opérateurs, les annulations impliquent de repenser les itinéraires à la dernière minute. Un sentier impraticable ou une réserve fermée peuvent nécessiter de repenser tout l’itinéraire, parfois alors que le groupe est déjà sur place. C’est coûteux et cela met une réelle pression sur vos équipes.

Pour les agences de voyage, l’impact se ressent surtout sur le temps de service : plus d’appels clients, plus de réservations à modifier, plus d’explications à donner sur un vol détourné ou une hausse de tarif d’hôtel de dernière minute. Les compagnies aériennes répercutant les coûts supplémentaires liés aux détours après une tempête peuvent aussi entraîner des demandes de remboursement de la part des clients, que les agences doivent gérer.

Pour les DMC et partenaires locaux, la question est celle de la capacité. Les destinations connues pour leurs étés plus frais (pays nordiques, régions d’altitude) voient la demande exploser. À l’inverse, les régions touchées par la chaleur subissent des variations brutales de taux d’occupation d’un mois à l’autre. Il faut donc renégocier les contrats et ajuster les disponibilités, souvent avec très peu de préavis.

Partout, la hausse des coûts de la nourriture et de l’hébergement dans les régions touchées exerce une pression supplémentaire. Les marges se resserrent. Les voyageurs peuvent raccourcir leur séjour ou opter pour des options moins confortables pour préserver leur budget. Pour les agences et tours opérateurs qui vendent ces séjours, cela signifie souvent des marges plus faibles pour le même volume de travail.

Une nouvelle forme de demande émerge : les touristes choisissent de plus en plus les lieux où il sera sûr, confortable et fiable de voyager, et plus seulement ceux qu'ils trouvent beaux.

Ce que vous pouvez faire, et pourquoi agir maintenant

El Niño arrive et repart. C’est un cycle naturel qui se produit toutes les quelques années. Le changement climatique, cependant, n’est pas un cycle, il ne passe pas. C’est précisément pour cette raison que maintenant est le bon moment pour adopter des habitudes qui rendent votre entreprise plus résiliente.

Voici comment commencer, étape par étape :

1. Mesurez avant de planifier

On ne peut pas agir sur ce qu’on ne mesure pas. Comprendre l’empreinte carbone de vos voyages, des transports choisis et de votre société dans sa globalité vous donne un point de départ clair. La mesure de l’empreinte carbone est aussi un bon indicateur de votre exposition aux risques de transition (réglementation climatique, tarification carbone, ainsi que votre dépendance au kérosène et aux routes aériennes).

C’est exactement pour cela que notre outil Act4Travel Scanner a été conçu : téléchargez votre itinéraire et obtenez une analyse carbone complète en quelques secondes, traduite en chiffres compréhensibles pour vous et vos parties prenantes.

2. Élaborez un plan d’action climatique et devenez résilient

Une fois que vous savez où vous en êtes, fixez-vous un horizon. Que faites-vous déjà bien ? Où pouvez-vous vous améliorer ? Quels sont les risques si vous ne changez rien ? Un plan clair transforme les bonnes intentions en progrès visibles, et vous donne quelque chose de concret à partager avec votre équipe et vos partenaires. Réduire, c’est aussi anticiper les perturbations climatiques ou géopolitiques.

3. Adaptez votre offre

Diversifiez votre offre : variez les destinations, les périodes de départ et proposez des alternatives à votre offre de base. Plus d’offres en train près de chez vous, de séjours itinérants, de destinations plus fraîches, de voyages en basse saison… Cela rendra votre business plus intelligent et résilient. Une offre évolutive, soutenue par un plan clair, transforme les changements de dernière minute en adaptation proactive. Au lieu de gérer ces ajustements voyage par voyage, intégrez-les à votre mix produit. C’est cette diversification qui protège vos marges et vous rend moins vulnérable aux variations de coûts et aux perturbations diverses.

4. Communiquez et faites de la transparence un atout commercial, pas seulement une contrainte réglementaire

Les touristes veulent connaître l’impact de leur voyage, en chiffres fiables et compréhensibles. Des données CO₂e claires, avec des équivalents quotidiens, les aident à faire des choix éclairés et renforcent votre crédibilité.

Les entreprises en ont aussi besoin. Les clients corporates demandent déjà les données du scope 3 pour leur propre reporting CSRD et ESG. De nombreuses entreprises du voyage reçoivent désormais ces demandes directement de leurs clients B2B. Proposer ces données n’est plus un simple plus. Des données CO₂e claires et détaillées, avec des équivalents quotidiens, deviennent un vrai différenciateur, et un moyen de vous démarquer de vos concurrents qui ne savent pas encore répondre à ces questions.

5. Soutenez des projets pour le climat qui renforcent la résilience des destinations

Contribuez à hauteur de l’empreinte carbone de votre voyage, à des projets certifiés qui protègent les écosystèmes, restaurent les forêts ou soutiennent les communautés locales. C’est une manière concrète d’agir sur votre empreinte tout en renforçant les destinations dont vous dépendez. Les coraux qui meurent dans différentes parties du monde, les terres qui deviennent de plus en plus arides, les forêts sous stress hydrique sont aussi les destinations sur lesquelles repose votre activité. Soutenir des projets certifiés qui protègent ces écosystèmes n’est pas seulement un geste de contribution. C’est un investissement direct dans la durabilité de votre propre offre.

Aucune de ces actions ne doit être mise en œuvre du jour au lendemain. Mais il faut commencer maintenant. Chez Greentripper, nous aidons les professionnels du tourisme à avancer étape par étape, avec des outils et un accompagnement, spécialement conçus pour le secteur. Que vous débutiez ou que vous soyez prêt à aller plus loin, nous serons ravis de vous guider.

Vous voulez savoir par où commencer ? Contactez-nous ou mesurez dès aujourd’hui votre premier voyage avec l’Act4Travel Scanner.

Sources

1 https://wmo.int/news/media-centre/el-nino-forecast-intensify-increasing-likelihood-of-extreme-weather

Image : https://www.theclimatebrink.com/p/the-strongest-el-nino-ever